D’AILLEURS LES POISSONS N’ONT PAS DE PIEDS

FOLIO - Cover


Ma lecture du moment, à l’approche de l’été : D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, de l’islandais Jón Kalman Stefánsson. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, j’ai été attirée par l’originalité du titre et la petite note de mon libraire du 20ème, plus particulièrement la mention « Enfin en poche ! ». Je ne suis pas familière des auteurs islandais, ni même de l’Islande. J’ai bien entendu parler de Reykjavik, la capitale, du Blue Lagoon et des paysages magnifiques dont le pays recèle par ceux qui y ont posé les pieds, mais c’est à peu près tout. Alors je me lance !

LE PITCH

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds c’est tout d’abord une terre, l’Islande. L’auteur nous transporte au coeur de cette dernière, une Islande durement décrite comme une terre froide, sauvage, sombre, loin des cartes postales pour touristes faisant la promotion d’une Islande ensoleillée et idyllique ; « une terre oubliée des dieux », comme nous le rappelle Jón Kalman Stefánsson tout au long du récit. Un récit, sur trois époques, qui se déroule principalement à Keflavik, ville côtière islandaise, qui a longtemps vécu de la pêche, a accueilli l’armée américaine pendant la Guerre Froide et abrite aujourd’hui un aéroport international qui fût un temps considéré comme une fierté nationale. Une ville elle aussi dépeinte assez sévèrement par l’auteur, aujourd’hui ville morte, oubliée, délaissée de tous et en premier lieu de ses propres habitants.

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds c’est aussi la mer. Une mer calme ou houleuse, qui forge les caractères et les vies des habitants de Keflavík. Elle est omniprésente dans le récit. Elle construit les personnages, les inspire, les attire, les effraie, les fait vivre.

C’est au coeur de cette nature sauvage que nous découvrons l’histoire d’Ari, poète, auteur et éditeur islandais, né à Keflavík, et de sa famille sur plusieurs générations : la sienne, celle de son père Jakob, mais aussi de ses grands-parents, Oddur et Margrét. Trois générations, trois familles, trois histoires qui s’entremêlent. Entre récits de vie, réflexions sur la vie et poésie, elle aussi l’un des principaux protagonistes de l’ouvrage, Jón Kalman Stefánsson partage avec nous le vécu et les pensées les plus intimes de ses personnages, sans fil directeur plus concret que celui justement du partage, pour se souvenir de ce qui a existé, ceux qui nous ont précédé et simplement nous faire prendre un humble recul sur notre propre existence.

« Etreinte est sans doute le plus beau mot de toute notre langue. Ouvrir ses bras pour toucher une autre personne, tracer un cercle autour d’elle, s’unir à elle l’espace d’un instant afin de constituer un seul être au sein des maelströms  de la vie, sous un ciel d’où Dieu est peut-être absent. Nous avons tous, à un moment ou l’autre de notre vie, et parfois terriblement, besoin que quelqu’un nous prenne dans ses bras, besoin d’une étreinte à même de nous consoler, de libérer nos larmes ou de nous procurer un refuge quand quelque chose s’est brisé. Nous désirons qu’on nous étreigne simplement parce-que nous sommes des hommes et parce-que le coeur est un muscle fragile. »

 

JÓN KALMAN STEFÁNSSON 

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds – Extrait

POURQUOI IL VAUT LE COUP ?

Pour sa poésie et sa beauté.

En opposant la dureté du territoire à la sensibilité de ses personnages, tous empreints d’une certaine douceur, d’une légère folie et de nostalgie, Jón Kalman Stefánsson nous livre un récit particulièrement touchant, d’une simplicité apaisante, qui fait toute la force et la grandeur de l’ouvrage.

Les réflexions de ses personnages sur la vie, la mort, Dieu, le sens et quelques fois la futilité de nos existences sont rassurantes, elles nous font « pauser », réfléchir, et grandir.

Ce roman est par ailleurs merveilleusement bien traduit par Eric Boury qui a reçu à cet effet le Grand Prix SGDL (Société des Gens de Lettres) de traduction 2016.

POUR QUI ?

Pour les amateurs de poésie et tout simplement des beaux mots – ce roman est un poème en soi.

Pour découvrir l’Islande, la dureté et à la fois la touchante simplicité du quotidien des habitants de Keflavík.

Pour faire une pause. Passez votre chemin si vous recherchez un récit d’actions et de rebondissements, ce n’est pas celui-là.

L’AUTEUR

Jón Kalman Stefánsson est né à Reykjavik en 1963, il y a vécu, ainsi qu’à Keflavík et Copenhague. Il a également travaillé un certain temps dans le secteur de la pêche. Certains passages de la vie d’Ari dans D’ailleurs les poissons n’ont pas de pied ont donc été directement inspirés par la vie de l’auteur. La vie professionnelle de ce dernier a principalement tourné autour de la littérature et de l’écriture : il a été enseignant, journaliste avant de se consacrer à l’écriture de ses ouvrages. Il a publié cinq ouvrages chez Gallimard, dont une trilogie qui me fait de l’oeil : Entre Ciel et Terre, La Tristesse des Anges, Le coeur de l’homme. La trilogie et D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds sont aussi disponibles en poche chez Folio.

Eric Boury a été le traducteur de chacun de ses ouvrages.

(Source : page Wikipédia)

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